La sylviculture sur le Plateau de Millevaches

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 La diversité source de vie.

Les effets de la sylviculture sur la tête du bassin versant de la Vézère.

Une bonne gestion de la sylviculture pour maintenir la biodiversité et éviter le pire.

Pour le pire il est presque trop tard, sauf à revenir d’urgence sur le massacre de la biodiversité engendré par la monoculture de résineux.
En cette année 2011 il semble que certains et rares forestiers aient pris conscience que le changement des pratiques et la diversification des plantations soient des réponses pour répondre aux problèmes écologiques.  

SOSMILLEVACHES se félicite de cette prise de conscience et désire œuvrer avec les responsables de la filière bois et les coopératives forestières 

Savez-vous que le boisement du P.N.R. de Millevaches en Limousin est composé à + de 60 % de futaie résineuse?

LES FEUILLUS EN PERIL

Le territoire de la Haute-Vézère, quasiment "chauve" au début du XXe siècle est aujourd'hui parmi les plus boisés du Limousin.
Le taux de boisement est passé de 2 % à cette époque à plus de 60 % aujourd'hui, il atteint même 80 % dans certaine communes.
La montée en puissance de la forêt s'explique par deux phénomènes: les plantations et les boisements spontanés sur les friches (les accrus).
 
Cependant même si le taux de boisement a explosé, la surface de forêt de feuillus mâtures n'a pas augmenté et est même en diminution. Dans les 3500 ha que compte le site, 2150 ha sont plantés en résineux, 820 ha correspondent à des accrus ou des bosquets en zones humides et seulement 550 ha sont de vraies forêts de feuillus ! Parmi celles-ci, on retrouve les 190 ha de hêtraie à houx, habitat d'intérêt communautaire, visé par Natura 2000 et dont la conservation est indispensable pour le maintient de nombreuses espèces.

En effet, ces forêts sont le territoire de chasse privilégié de la Barbastelle et du Grand Murin, chauves-souris inscrites toutes deux à l'annexe II de la Directive Habitat. D'autres espèces fragiles fréquentent aussi ces milieux: le Pic noir, la Nyctale de Tengmalm ( petite chouette discrète) ou encore le Milan noir et la Bondrée apivore.

Mais l'intérêt des forêts de feuillus dépasse le seul intérêt écologique, leur atout paysager n'est pas à négliger, elles semble être très appréciées du public et le plateau ne doit pas hypothéquer son activité touristique.

Enfin, ces milieux représentent également un enjeux économique. A l'heure du développement des énergies renouvelables, et pour ne citer qu'un seul de leur débouchés, il est urgent de mettre en œuvre le renouvellement et la gestion sylvicole de ces forêts sans quoi, au rythme actuel des coupes, les habitants du plateau devront, d'ici une vingtaine d'années, importer leur bois de chauffage.
sources, bulletin (n° 5 du 01 semestre 2010) d'information du site Natura 2000 de la Haute-Vézère

l'invasion du PNR Millevaches par les résineux l'invasion du PNR Millevaches par les résineux

Une bonne gestion des forêts, des bois, passe par la protection des forêts anciennes, des forêts sur pentes où la multiplication des essences sont des réservoirs essentiels de la biodiversité végétale et animale avec des espèces rares et protégées.

L’exploitation des forêts en pentes, forêts de feuillus, les plus anciennes peut se faire en gestion durable, par du bûcheronnage sélectif et du débardage à traction animale. Ces actions douces permettent d’exploiter les essences de valeur, sans coupe rase, sans destruction du milieu avec maintien et valorisation du patrimoine. Le surcoût de ces pratiques douces seules possibles dans ces conditions de terrain, (sans risque d’engendrer des glissements de terrain, éboulement du aux pistes de débardage qui peuvent devenir des torrents de boue en cas d’orage ou de pluie violente ) est de : environ 20 % mais reste couvert par la vente du bois d’une valeur commerciale supérieure et aboutit à un meilleur résultat sylvicole. Pour les forêts en pentes qui ont été détruites et plantées en épicéa, l’idéal est de couper ces résineux sans dessouchage, sans mise à blanc du sol et de les replanter avec des feuillus tels que : chêne pédonculé, hêtre commun, frêne, orme, érable et (si adaptable au climat, expositions et nature du sol): merisier, tilleul, châtaignier.

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La coupe à blanc avec dessouchage doit être interdite ;
Les andains ne doivent jamais se trouver dans le sens de la plus grande pente;
La coupe dans les forêts de feuillus doit être sélective avec la conservation des arbres sénescents et de quelques beaux sujets pour avoir dans le futur des arbres remarquables.
Des parcelles déboisées devraient être replantées en feuillus sauf si régénération naturelle  ( gestion durable et écologique ) ;
Les plantations de résineux devraient contenir des feuillus conservés ou plantés en respectant des couloirs de vie utiles aux déplacements de la faune et à la diversité végétale ;
Ces espaces boisés à des fins industrielles et commerciales doivent respecter le milieu. Ils doivent aussi ne pas produire de nuisances aux zones humides, à la faune et la flore ;
La ripisylve doit être préservée et recréée si nécessaire.
Les engins de coupe ( ainsi que tout autre véhicule motorisé ) engendrent d’énormes et graves perturbations sur le milieu et les zones humides, sources, rus, ruisseaux.

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L’impact sur la quantité et la qualité de l’eau :
En cette période de réchauffement climatique où le cycle des pluies est perturbé, l'eau est trop souvent négligée. Toutes les essences consomment beaucoup d’eau. Implanter des résineux en monocultures industrielles avec une densité de boisement dépassant l'entendement, nuit gravement aux zones humides, à la quantité et qualité de l’eau.
La nature du sol du Plateau de Millevaches est naturellement acide, de ce fait les eaux de nos cours d'eau ont un pH inférieur à 7.
Les plantations de douglas en sol acide ont pour effet de produire des nitrates d'aluminium qui ne sont pas absorbés par la végétation. Ils se retrouvent dans les eaux de ruissellement, et augmentent l'acidité des cours d'eau.
L'acidification des eaux provoque une très forte diminution de la biodiversité. Elle induit une diminution du nombre des organismes aquatiques. Cela se traduit par une réduction du nombre d'espèces et d'individus.
Le pH à partir duquel une population périclite dépend de l'espèce. Les premiers signes de cette régression apparaissent généralement dès que le pH est en dessous de 6,5. L'acidité ( ph bas ) favorise l'apparition et l'augmentation du taux d'aluminium soluble avec des effets toxiques dans les cours d'eau.
L'acidification affecte la faune aquatique et en particulier la truite sauvage dont la survie est conditionnée par l'acidité et la teneur en aluminium des eaux.
Dans le massif des Vosges, les populations de truites déclinent lorsque le pH de l'eau diminue en dessous de 5,5, elles disparaissent totalement quand le seuil de toxicité en aluminium est situé à 200 microgrammes/litre. Ce seuil est atteint quand le pH descend sous 5,5.
L'Aluminium est toxique, c'est un perturbateur endocrinien.
Les insecticides utilisés sur le Plateau de Millevaches pour lutter contre les effets de la monoculture du douglas.
Le TUXON FOREST à 5 % d'imidaclopride bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché et d'utilisation n° 2110046, jusqu'au 06 juillet 2012. Le TUXON FOREST à 10 % d'imidaclopride est interdit de mise sur le marché et d'utilisation depuis le 04/02/1999.
Qu'en est-il des stocks chez les forestiers ? Ils ont payé ce produit pour augmenter le profit, vont-ils perdre de l'argent en ne l'utilisant pas ?

Après le 06 juillet 2012, le " lobbying" , la pression exercée par la filière bois demandera une prolongation de mise sur le marché et d'utilisation de ces produits de destruction ? 

Les insecticides détruisent l'Environnement et les Hommes.
suxon-forest.pdf suxon-forest.pdf

Dosé à 5 % ou 10 %, l'empoisonnement des sols, des zones humides et des cours d'eau aura lieu. Le Plateau de Millevaches est il sacrifié, est il condamné à être pollué ?

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Consulter notre page sur le douglas et pollution des eaux.

Les boisements diversifiés sont utiles pour éviter la prolifération des prédateurs, capter le carbone et par leur évapotranspiration favoriser les pluies. Il est prouvé que l'absorption d'eau et la transpiration s'équilibrent régionalement et non localement ( hors période de sécheresse prolongée ),
Cependant pour ce qui nous concerne, le Plateau de Millevaches, les plantations non diversifiées et excessives jouent bien ce rôle sauf que: en cette période de réchauffement climatique, il n'y a pas de précipitations et le déficit en eau du Plateau de Millevaches, château de la France, s'accroît.

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Ces plantations mono-spéciphiques en cette ère de réchauffement climatique ne sont plus accéptables, elles méritent d’avantage de réflexion avant de les étendre. Un moratoire doit être établi pour stopper les effets négatifs. Réalisées en résineux (le douglas) " surdensitaires " ces plantations et les traitements qu'elles induisent ont pour effet de nuire gravement à la quantité et à la qualité d’eau disponible aux cours d’eau et de disséminer des graines entraînant une reproduction sauvage ( les accrus)  non contrôlée et envahissante dans les landes, tourbières et prairies laissées sans entretien.
La France a besoin de plus de bois, nous le comprenons. Compenser ce besoin doit se faire de façon intelligente en respectant l'eau et la diversité pour ne pas laisser aux générations qui nous suivront un désastre écologique.

En ce qui concerne les résineux, principalement le douglas, il est une aberration de planter ces arbres sur les rives des cours d'eau et des zones humides au détriment de la ripisylve. Une bande de 20 m minimum ne doit pas être boisée de résineux mais plantée en feuillus et à bonne distance du lit des cours d’eau ou laissée libre pour respecter l'absorption des nitrates et autres polluants par la ripisylve.
Les résineux plantés en fond de vallée affectent la vie aquatique, et sont très néfastes à la stabilité des berges. Ils provoquent un ombrage important, rendent la ripisylve mono-spécifique et créent un net appauvrissement du milieu aquatique avec des ruptures des chaînes trophiques, en absence de feuilles.
Des études montrent qu’en présence de résineux, l’érosion des berges passe de 30 à 90 % et augmente la largeur des cours d’eau de 30 à 115 %. En cas de feuillus cette augmentation n’est que de 1 à 10 %.
La dissémination de ces résineux est nuisible à l’environnement naturel et est incontrôlable par l’ensemble de la filière bois.
Les résineux ne résistent pas au vent dans les couloirs des rivières.
Les résineux ne résistent pas aux crues, ils provoquent des regroupements de méandres, ils rectifient le tracé des cours d’eau ce qui a pour effet de transmettre très rapidement les crues vers l’aval, les vallées.
Les résineux empêchent la lumière de passer. L’importance de l’ombrage a pour conséquence de limiter la croissance des autres espèces végétales et la diversité de la flore du lit et des berges.
Les tapis d’aiguilles étouffent la ripisylve et toute vie sur les berges ( plantes et insectes ),
Les aiguilles tapissent le lit des ruisseaux en détruisant la micro-faune aquatique et les frayères,
Les aiguilles augmentent l’acidité des sols et de l’eau (études en cours de l’INRA) ce qui augmente le taux d'aluminium de l'eau.

La période de réchauffement climatique et les mauvaises pratiques font que : La densité excessive de plantations de résineux, les coupes à blanc, les dessouchages, le tassement des sols et les andains mal positionnés provoquent en cas de forte pluie l'érosion des sols. Les sédiments, les sables se déposent au fond des lits ( ce qui est visible en ce printemps 2012 ) sur tous les cours d’eau de la tête du bassin Vézère. Toute la biodiversité des milieux aquatiques est en danger.

Toute la partie de la France qui dépend du plateau de Millevaches va manquer d’eau, mais pas les cultures intensives de résineux qui semblent être plus importantes que les humains.

Les plantations intensives de résineux ( principalement en douglas, sur le Plateau ) sont des accélérateurs de sécheresse. 

Une constatation évidente :  le mauvais état du peuplement piscicole sous ces zones donne des carences en truite commune, que ce soit en termes de densité ou de biomasse ( il y a peu d’adultes et nanisme ). La truite sauvage, la reine du plateau sera une espèce bientôt classée en voie de DISPARITION. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur cette partie des ruisseaux de la Gane ( à gauche ) et de Condeau ( à droite ), la ripisylve, la faune et la flore aquatiques sont détruites par le manque de lumière, par les accumulations acides d’aiguilles sur les berges et dans les lits des ruisseaux. 

Nous avons bien conscience que ces résineux ont un rôle économique à jouer sur le Plateau de Millevaches, mais il faudrait que ces plantations respectent l’environnement dans son ensemble et sa complexité.
Un arrêté préfectoral portant réglementation des semis et plantations d’essences forestières sur le territoire de chaque commune est disponible dans toutes les mairies. Vous devez vous en informer et le respecter.
Toute personne ou entreprise qui désire faire des semis ou des plantations forestières doit s’adresser à la commune du lieu de la plantation pour connaître la réglementation régie par l’ Arrêté Préfectoral. Il y a plusieurs périmètres réglementés selon les communes : les périmètres réglementés et les périmètres libres. De plus, il y a des distances de recul à respecter vis a vis :
-  d’une parcelle agricole  
-  d’une parcelle boisée  
-  de tout chemin d’exploitation lorsque son emprise est inférieure à 4 m 
-  de toute voirie cadastrée supérieure à 4 m 
-  de tout cours d’eau.

Les infractions aux dispositions de l’arrêté donneront lieu à l’application de sanctions prévues aux articles R 126-9 et R 126-10 du code rural. 

L’exploitation forestière et les milieux aquatiques

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Un cours d’eau doit être traversé:
S'il est vraiment nécessaire de le traverser, une déclaration est à faire après de la DDEA ( délai de réponse : 3 mois, si ce délais est dépassé l’autorisation n’est pas acceptée ).
Même le passage de gué est soumis à déclaration.
Dans le cas des petits chantiers sylvicoles, très fréquents sur le plateau de Millevaches, le choix de franchissement temporaire ( la pose de tuyaux PEHD ) peut être adapté.
Le PNR Millevaches en Limousin  met gracieusement à disposition ce type de tuyaux ( kits de franchissement ). Ils sont entreposés :
- au CFPPA " débardage " de l’école forestière de Meymac,
- à la pépinière expérimentale et forestière de Meymac,
- à la déchetterie au " bois de la Rame " de la Courtine.
Contact : Thomas Mignaux au 05 55 95 35 61 

Propriétaire riverain d’un cours d’eau:
Le propriétaire riverain d’un cours d’eau est responsable de l’entretien de celui-ci ( article L 215-14 du code de l’environnement ) notamment par l’enlèvement des embâcles, débris..... par élagage ou recépage de la végétation des rives ( la ripisylve ). De plus une distance de plantation est à respecter vis-à-vis de la berge ( voir règlement de boisement communal ). Pourquoi ne pas profiter du chantier d’exploitation pour entretenir les boisements des berges en place ? Ces boisements, buissons et arbustes et diverses herbes ( ripisylve )  ont un rôle de maintien des berges et un rôle filtrant vis-à-vis des particules fines lessivées sur la parcelle. Ils fournissent l’ombrage limitant le réchauffement de l’eau, les sous-berges contribuent à la richesse des habitats, faune et flore aquatique. 

 Cliquez sur ce lien pour voir une vidéo sur les résineux du Limousin
http://www.kewego.fr/video/iLyROoafJdAP.html

Information:
Le boisement et la reforestation en espèces mono-spéciphiques sont nuisibles au maintien de la biodiversité (raréfaction et disparition). Les résineux sur le plateau de Millevaches en sont un exemple. Pour maintenir cette production artificielle de bois il faut traiter : amendement et insecticide. Il est urgent de stopper ces pratiques, de les faire évoluer et d'éviter le massacre de la biodiversité pour sauver le Plateau de Millevaches. La vision du profit à court terme est suicidaire. Sans la biodiversité, c’est l’humanité que nous détruisons.

Les coopératives forestières sont conscientes qu'elles doivent réagir, nous sommes avec eux pour retrouver un équilibre écologique sur la Plateau de Millevaches.  

La prise de conscience des forestiers  

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Le PNR Millevaches en Limousin ne doit pas se faire endormir par des engagements qui ne sont que des mesurettes annoncées par des financiers qui ne sont pas des forestiers responsables et qui ne sont là que pour faire passer les résineux au détriment de la diversité.
Les véritables forestiers devraient se faire entendre car leur intérêt et la diversification des essences. Ils connaissent les effets du douglas en sol acide, les ravages de l'hylobe et les conséquences sur la faune aquatique.

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Documentation :
- L’atlas des forêts du monde aux éditions " Autrement ". Atlas réalisé par des ingénieurs du CNRS.     
- Le bulletin d’information des habitants du site Natura 2000 des landes et des zones humides de la Haute Vézère; n° 5 du 01 septembre 2010.    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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