La montagne limousine

page en construction

LE PLATEAU DE MILLEVACHES

le-pont-romain-sur-la-vezere-bugeat-1925.jpg

Origine:
C'est en 1048 qu'apparut pour la première fois la mention attestée du Plateau de Millevaches, sous la dénomination " Millevaccas",
trois hypothèses sont avancées pour expliquer ce toponyme.
La première proviendrait du nombre innombrable de vaches qui paissaient sur les étendues herbeuses du plateau.
La seconde estime que le nom médiéval Millevaccas aurait été déformé dans le temps et avait pour origine un vieux mot celtique " Millebatz" qui signifiait " mille sources".
La troisième hypothèse peut être la plus plausible et a été émise par le linguiste Albert Dauzat. Ce linguiste pense que le toponyme "Millevaccas" serait issus d'un vocable primitif composé du nom gaulois " melos" signifiant "montagne" et de l'adjectif latin "vacca" voulant dire "vide". Cette explication ayant trait à la faible densité du peuplement aurait l'avantage d'être en concordance avec la période de faible occupation du plateau. Concordance mise en évidence par les données archéologiques à la fin du IIIé siècle de notre ère.

Géographie:
Situé sur le contrefort nord-ouest du Massif Central, le Plateau de Millevaches est le sommet de la montagne limousine.
Le Plateau de Millevaches est un massif cristallin d'environ 156 000 ha. Il constitue la partie la plus vaste et la plus élevée de la montagne limousine, il a les plus hauts plateaux de la région. La montagne limousine est située à l'est de l'Auvergne, l'altitude est en général au dessus de 600 m et culmine entre 700 m et 945 m. L'altitude maximum est de 978 m au mont Bessou sur la commune de Meymac en Corrèze.

Le climat:
Le climat est de type océanique largement modifié par l'altitude. Le plateau de Millevaches à un climat pluvieux et frais, influencé par
l'Océan Atlantique est le relief. De ce fait le Plateau de Millevaches a les caractéristiques du climat les plus nuancées et accentuées du limousin.
Les données climatiques, la fréquence et le volume des pluies, les régimes thermiques relevés et admis ne semble plus être de référence en cette période de changement climatique.

Géologie:
L'histoire géologique du Plateau de Millevaches se rattache à celle du Massif Central. Le sous-sol cristallin du Plateau est constitué de roche primaire qui ont plus de 300 millions d'années.
On retrouve dans ces roches, des cristaux de quarts, de feldspath, de mica et d'amphibole.
Les reliefs érodés depuis longtemps et les cristallins de la zone profonde sont parvenus à l'affleurement et constituent le soubassement des formations sédimentaires qui les recouvrent.
Sur le Plateau de Millevaches, les reliefs s'organisent en système morphologique qui structurent le paysage "alvéoles" ce sont des cuvettes aux contours sinueux d'échelle hectométrique ou kilométrique à fond plat, très souvent hydromorphe, un replat en bas de pente et des versants formant une cloison périphérique.
Le Plateau de Millevaches en est ainsi troué de plusieurs centaines de ces alvéoles qui se trouvent en chapelet le long des hautes vallées comme celle de la Vézère. L'alvéole formant la tourbière de Longeyroux en est un parfait exemple.
On trouve sur le Plateau de Millevaches des empilements de tors. Ces empilements proviennent le l'érosion de roche tendre qui a fait apparaître des boules de granitiques plus durs. Ces boules de roche dure ont résisté à l'érosion chimique et se sont ainsi retrouvées déchaussées devenant des pierres branlantes.
Les sols de la montagne limousine et du Plateau de Millevaches en particulier appartiennent aux séquences des sols acides. En raison de l'altitude, deux types de sols sont rencontrés:
Les sols podzoliques formés en milieu acide avec une activité biologique très faible, fortement appauvri en argile, fer et cation.
Les sols à caractère hydromorphe caractérisés par un déficit prolongé en oxygène.
     - Les sols gleyifiés
     - les sols tourbeux.

Evolution 1:
Nous aurons prochainement les résultats d'une étude sur les pollens conservés dans les tourbières du plateau de Millevaches, de la dernière glaciation jusqu'à la période subactuelle.

Evolution 2:
Pour comprendre le Plateau de Millevaches nous nous référons au livre: Mise en valeur du Plateau de Millevaches par Marius VAZEILLES de 1931 qui est la réédition complétée de son ouvrage de 1913.

Bien avant la première guerre mondiale les premières plantations débutent avec plus ou moins de succès sur le plateau.
En 1914 les landes sèches couvrent environ 107 000 ha soit 68 % de la surface du plateau.
Les eaux sourdent (marécages), la bruyère, les zones mouillées souvent tourbeux représentent environ 16 000 ha.
Au total, c'est 123 000 ha des landes soit 78 % de la surface qui occupent le Plateau de Millevaches.
Les 33 000 ha restant sont occupés par les près, les champs et quelques bois ( taillis, futaies de hêtres, bosquets de chênes et pins sylvestre).
A la sortie de la guerre les boisements précités ont fortement régressé.
Le reboisement du plateau de Millevaches a commencé à la fin de la première guerre mondiale.
La deuxième guerre mondiale et la reconstruction du pays ont énormément sollicité les jeunes plantations du plateau.
Les plantations ont continué sans fléchir et en 2011 le Plateau de Millevaches est planté à plus de 61 % de résineux.

A la lecture de livre de Monsieur Marius Vazeilles, la mise en valeur et le développement du Plateau de Millevaches, il est évident que les plantations réalisées uniquement en résineux n'étaient pas du tout dans son approche n'y sa philosophie. 
Pour Marius Vazeilles le plateau devait se développer de façon, non mono-spécifique et inclure: la forêt définitive et l'élevage.a-lire-absolument.jpg
- L'arbre, la forêt définitive,
- le développent des résineux,
- la préservation le développent des feuillus,
- prés-bois, pâturage boisé,
- L'herbe, l'élevage. 

Monsieur Marius Vazeilles, Expert Forestier et Garde Général des Eaux et Forêts, était un visionnaire éclairé.
Son analyse sur le développement et la valorisation du Plateau de Millevaches est, un siècle plus tard, plus que jamais d'actualité, ses recommandations sont à mettre en application sans attendre.   

Extrait de l'introduction (page 7) de Monsieur Léon Pardé Directeur de l'école forestière des Barres et savant dendrologue:
Le paragraphe consacré aux prés-bois m'a particulièrement intéressé; le Plateau de Millevaches doit devenir un grand pré-bois, écrivez vous; je m'associe pleinement à ce vœu; puisse-t-il se réaliser.

Ce projet de pré-bois avait pour but la valorisation idéale du Plateau de Millevaches, d'éviter l'exode rural, de diversifier les pratiques, de reboiser et de maintenir l'élevage.
Ce projet était gagnant gagnant. Gagnant pour les investisseurs du bois, gagnant pour la population qui avec la diversification des pratiques, bois et élevage garantissait de meilleurs conditions de vie.
Gagnant: le Plateau de Millevaches qui développait une nouvelle économie, le bois et qui améliorait et confortait les techniques pastorales.

Les forestiers les plus savants de l'époque avaient une vue plus écologique et plus équitable que les gestionnaires financiers que sont les forestiers d'aujourd'hui.
Avec le système d'exploitation de Monsieur Marius Vazeilles, la forêt existerait sur le Plateau de Millevaches. Elle serait durable et respectueuse de l'environnement.
Aujourd'hui faute d'avoir conduit cette politique forestière, nous n'avons pas sur le plateau de forêt diversifiée et centenaire, nous n'avons pas d'arbre remarquable en plein bois. Tout ce que nous avons est une exploitation de bois réalisée sur le mode de la production céréalière: semis, plantations, utilisation d'insecticide, "moissonnage", érosion et tassement des sols.
Avec le système d'exploitation de Monsieur Marius Vazeilles, les propriétaires forestiers auraient depuis un demi siècle des revenus annuels.
A ce jour ils doivent attendre plus ou moins 40 ans pour toucher le dividende de leur plantation. Ces pratiques inadaptées, plantations et exploitations engendrent de gros dégâts écologiques.

Puissent ils, les élites de nos bois, relire ou lire le livre de Monsieur Marius Vazeilles, le soir, avant de s'endormir et laisser leur subconscient agir pour qu'ils comprennent l'importance de respecter la diversité, toutes les diversités. Ce livre devrait être leur livre de chevet.
Y a t-il sur le Plateau de Millevaches un forestier capable de se remettre en question, de laisser derrière lui une forêt à la Marius Vazeilles, et de laisser lui aussi son Nom dans l'histoire du Plateau de Millevaches ?

 

LES FEUILLUS EN PERIL

Le territoire de la Haute-Vézère, quasiment "chauve" au début du XXe siècle est aujourd'hui parmi les plus boisés du Limousin.
Le taux de boisement est passé de 2 % à cette époque à plus de 61 % aujourd'hui, il atteint même 80 % dans certaine communes.
La montée en puissance de la forêt s'explique par deux phénomènes: les plantations et les boisements spontanés sur les friches (les accrus).

Cependant, même si le taux de boisement a explosé, la surface de forêt de feuillus mâtures n'a pas augmenté et est même en diminution. 
Dans les 3500 ha que compte le site Natura 2000, 2150 ha ( 61 % du site) sont plantés en résineux, 820 ha correspondent à des accrus ou des bosquets en zones humides et seulement 550 ha (15 % du site) sont de vraies forêts de feuillus ! Parmi celles-ci, on retrouve les 190 ha de hêtraie à houx (5 % du site), habitat d'intérêt communautaire, visé par Natura 2000 et dont la conservation est indispensable pour le maintient de nombreuses espèces.

En effet, ces forêts sont le territoire de chasse privilégié de la Barbastelle et du Grand Murin, chauves-souris inscrites toutes deux à l'annexe II de la Directive Habitat. D'autres espèces fragiles fréquentent aussi ces milieux: le Pic noir, la Nyctale de Tengmalm ( petite chouette discrète) ou encore le Milan noir et la Bondrée apivore.

Mais l'intérêt des forêts de feuillus dépasse le seul intérêt écologique, leur atout paysager n'est pas à négliger, elles semble être très appréciées du public et le plateau ne doit pas hypothéquer son activité touristique.

Enfin, ces milieux représentent également un enjeux économique. A l'heure du développement des énergies renouvelables, et pour ne citer qu'un seul de leur débouchés, il est urgent de mettre en œuvre le renouvellement et la gestion sylvicole de ces forêts sans quoi, au rythme actuel des coupes, les habitants du plateau devront, d'ici une vingtaine d'années, importer leur bois de chauffage.
source:  information du site Natura 2000 de la Haute Vézère, bulletin n°5 du 01 semestre 2010

l'invasion du PNR Millevaches par les résineux l'invasion du PNR Millevaches en Limousin par les résineux

 

Page en construction

Les paysages du plateau de Millevaches:

Les landes sèches

Les pelouses sèches

Les landes tourbeuses

Les prairies mésophiles

Les prairies hygrophiles

Les tourbières

Les formations forestières


Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×